mardi 31 janvier 2012

La Mort d'un Clochard

Qui va pleurer un pauvre clochard
Qu'on aura trouvé mort, sous un pont,
Un soir d'hiver, de pluie, de brouillard ?

Pauvre hère, vêtu de haillons,
Cherchant en vain quelque nourriture,
Serrant fort sous un bras ton litron,

Quelle fût, de ta vie la peinture.
Quel événement l'a donc noircie...
A quoi bon se perdre en conjectures ?

As-tu choisi ce chemin précis,
Menant tout droit à la déchéance,
Pour fuir Dieu sait quels sombres soucis,

Surgis, peut-être, de ton enfance,
Laissant ainsi ta vie s'écouler
Dans une sombre, éternelle errance ?

La Seine continue de couler,
Paresseusement, au long des quais,
Fuyant la misère refoulée

Qui s'y vautre et parfois, s'y complait.
La Seine, impassible et immortelle
Continue de couler, à jamais,

Lascive, inhumaine, intemporelle…

*

© PatriciaM 00038155


dimanche 9 octobre 2011

Musique dans la brume



Je cherche ta main à travers la foule
J'écoute ton pas lourd sur le pavé...
Devant mes yeux fermés se déroule
Un film au ralenti, inachevé...

Comme le vent se lève avec la houle
Ma raison vacille, en mon coeur lovée
Des images en cascades s'enroulent
Comme un voile de brume délavée...

Ô tristesse, empare-toi de mon âme !
Je n'y résisterai, qu'on ne me blâme...
Au rivage serein de ta musique

Je flânerai au gré de mes pensées
Emportée par tes notes bucoliques
Soulevée par un espoir insensé...


PatriciaM © 010205

mercredi 8 juin 2011

Ronces & Chimères


Elle aimait parler aux arbres, dans le brouillard de sa mémoire, lorsque la douleur se dilue dans le rêve et que le miaulement désespéré d'un chat perdu vient troubler les souvenirs. Son cœur haletait, ses yeux fixaient le long couteau tordu. La profondeur de la nuit n'avait d'égale que la splendeur de l'hiver. Elle resta immobile un long moment, puis commença à marcher tenant dans sa main un livre ouvert. Le cri d'un oiseau retentit dans la nuit. Elle se mit à courir, trébucha dans les ronces du chemin, tomba puis se releva et s'enfuit dans l'illusion du réveil.




© Patricia M. 00038155

mercredi 2 mars 2011

Âme et Conscience


Sa chevelure malade ruisselle sur ses épaules comme une blessure. Elle marche seule dans la nuit, s'éclairant de lampes d'argile. Et, étonnée, murmure : suis-je la belle au bois dormant ? Je rêve d'un prince mais il a le visage d'un monstre et trois hommes l'entourent, vêtus de longs manteaux. Deux guerriers, un chevalier passent au galop sous la voûte de l'entrée du manoir. Je sais que je ne dors pas, que ce n'est pas un rêve. Tant de fois au cours d'une insomnie, j'ai vu le visage en sang de l'étranger. Ma mémoire me restitue fidèlement le moindre détail où vient s'ajouter l'accoutrement des guerroyeurs aux vieux boucliers. Partir au coeur de novembre, de cet automne gris et morne, à la naissance de l'hiver. Alors que le temps présage la neige...elle prend un train de nuit pour une destination inconnue. Comme un espion trace un chemin, elle dessine des larmes de peinture rouge comme on trace des larmes de sang. Elle travaille ainsi dans son salon, dessinant comme l'on découpe l'étoffe des corps vidés de leur âme.


© Patricia M. 00038155

dimanche 20 février 2011

A l'aube de la nuit



Et les larmes dévalent
Sur mes joues enfiévrées
Sur mes lèvres muettes
Mais dans le ciel si gris

Mes pensées vont vers toi
Et baignent ton visage
D'un halo de lumière
Quand mon coeur prisonnier

Etouffe à en mourir
Pitoyable détresse
A ne savoir que dire
A ne savoir que faire...!

Car la chaîne est rebelle
De cet odieux carcan
Dont seule je détiens
L'antique clé rouillée...

Je voudrais enlacer
Ma douleur à la tienne
Relier nos deux mains
A l'ancre de ta vie

A tout ce qui est toi,
Aux débris de la mienne
A l'ombre qui l'étreint,
A tout ce qui fût nous...

*

© Patricia M. 00038155

*

mardi 15 février 2011

Dans une autre vie






Je suis la longue dame blonde, au coeur blessé,
J'ai voyagé de par le monde, de mes pensées,
Le temps qui passe doucement, sur ma blessure,
Vient me fredonner tendrement, un doux murmure...

.................................

Laisse, Isilrà, oublie...Il fait froid ici...

Pourtant, ce n'est pas encore l'hiver...!
Et... regarde, Idril !
Il y a du soleil aujourd'hui, un beau soleil d'automne !

Attends, laisse-moi encore un instant dans le jardin de mes chimères....
Dis à Faël d'attendre un peu, juste un peu...
Le temps que mon coeur s'apaise...peut-être...

Il fait froid, ici....je ne sens pas la chaleur du soleil ....
....La pluie ruisselle sur mon visage...la pluie ?
J'ai lu ça quelque part...et ça m'a bouleversée...

Mais non, ce ne sont que des larmes qui roulent sur mes joues...
Quel est ce bruit ?
Juste mon coeur qui cogne comme un fou !

Que dis-tu, Idril ?
Il suffisait de se voir, peut-être ?
Oui, peut-être et peut-être pas, va savoir...?
C'est si difficile...!
As-tu vu Huor, toi ?
Et Faël a t'elle vu Sùrion ?

Tiens ! Où donc est Faël ?
Il me semble l'entendre...
Mais sa voix vient de si loin...si loin...

Elle est peut-être morte, dis ?
Morte à l'amour, morte à la vie...à sa vie de femme...

Comme la petite Faël aux yeux tristes...
Qui donc avait dit ça...?
Qui est morte depuis si longtemps...

Viens, Idril...
Allons porter des fleurs sur sa tombe...
Elle aimait tant les fleurs...les roses...

Tout est mort...Il fait si froid, ici....

La pluie ruisselle sur mon visage....
Non, ce ne sont que des larmes....

Ferme bien la porte, Idril...
Plus personne ne viendra ici.......je crois....

.................................

Sùrion...?

C'est toi, bien sur, ce ne peut être que toi, ici...

La pluie ruisselle à nouveau...
Et cette eau si pure glisse sur mon visage comme une tendre caresse.....

Sùrion.........

C'est bien ce que j'avais rêvé, Faël, il y a quelques nuits...!
Le temps est à la pluie...



*

© Patricia M. 00038155

*


Entre vous et moi


Entre :

Ce que je pense
Ce que je veux dire
Ce que je crois dire
Ce que je dis,
Ce que vous avez envie d'entendre
Ce que vous croyez entendre
Ce que vous entendez,
Ce que vous avez envie de comprendre
Ce que vous croyez comprendre
Ce que vous comprenez,
IL y a dix possibilités qu'on ait des difficultés à communiquer.
Mais essayons quand même...


Bernard Werber - Encyclopédie du savoir relatif et absolu


*

mardi 18 janvier 2011

Nuit blanche


Dans le silence de la nuit,
Lorsque tout dort autour de moi,
Victime de mes insomnies,
Mon esprit s'évade et se noie

Dans l'océan de mes pensées.
Je m'abandonne à la fureur
Des vagues qui déferl’, pressées
De me jeter dans la terreur.

Les souvenirs, à ma mémoire
Affluent, comme ces lourds nuages
Mus par le vent, dans le ciel noir.
Du passé, surgit un visage.

Ses yeux me fixent sans me voir,
Il n'existe pas, c'est un rêve
Qui prend place dans mon histoire.
La nuit sera longue, elle, brève.

Regarde-moi, qui donc es-tu ?
Ton visage n'est pas le même
Avec le flux et le reflux.
Ne t'en va pas, reste ! Je t'aime...

Je suis seule dans la nuit noire.
Le passé est mort, l'avenir
Me fait peur, il n'a pas d'histoire.
Allons, il est temps de dormir...

Mais le sommeil tarde à venir,
Et les vagues blanches d'écume
Semblent prendre un malin plaisir
A me plonger dans l'amertume,

La solitude...vide...mort…
Voici venir angoisse et peur…
Que se brise mon pauvre corps,
Dans l'océan de ma douleur !

© Patricia M. 00038155

dimanche 12 décembre 2010

Mélodie de l'amour



Quand ta voix chaude et tendre me tient
Par l'accent vibrant de mots si forts,
Quand tes yeux plongent au fond des miens,
Quand de tes mains mon corps tu explores,

Quand de tes lèvres effleurant les miennes,
Tu viens doucement cueillir mon âme,
Quand je n'ai plus qu'un désir : être tienne !
Quand mon corps, plus brûlant que la flamme,

Epouse ton corps dans un élan
Passionné et bercé par le chant
De nos coeurs vibrant à l'unisson,

Alors, du plus profond de moi je te crie,
L'amour qui explose et m'envahit,
Dans la tendresse d'un long frisson...

© Patricia M. 00038155


lundi 29 novembre 2010

Rafales



"J’écrivais des silences, des nuits, je notais l’inexprimable.
Je fixais des vertiges."

Arthur Rimbaud


*

Les années ont passé puis est venue la brume
Dissimulant nos peurs et nos pas incertains
Tout au fond de nos coeurs s'est glissée l'amertume
Pénible fût le choix de quitter le festin

En nos regards fixés sur la fin d'un vieux monde
La campagne était belle et nos souvenirs fous
Le soleil s'étalait sur les prairies fécondes
Ses rayons lumineux devenaient un peu flous

Ainsi toujours jetés aux bourrasques du vent
Au milieu de ses pleurs, au coeur de ses rafales
Ne pourrons-nous jamais dans l'infini du temps
Echapper un instant à l'ombre sépulcrale ?

Nous marcherons ensemble au devant de la vague
Dernier souffle de vie face à l'éternité
Portés par la musique aux notes en valdrague
Du grand bouquet final de ce dernier été

*

©Patricia M.00038155

*

dimanche 10 octobre 2010

Ne te retourne pas

Allons, ne te retourne pas,
Tu ne verras que des gravats…
Passé à jamais révolu,
Amours figées dans l’absolu.

Le temps ne s’est pas arrêté,
Dans sa course, il a emporté
Ce qu’il restait de ton enfance,
Comme de ton adolescence.

A quoi bon courir et chercher
Souvenirs désormais cachés
Dans ce qui fût un jour présent…
Aujourd’hui à jamais absent.

Et pourtant, un même soleil
Continue de briller, vermeil,
Sur ces vieilles pierres qui furent
L’abri de ton être futur.

Imaginais-tu, autrefois,
Ce que serait un jour ta voie ?
Et pourtant, ton regard d’enfant
Scrutait l’horizon, loin devant…

Mais déjà, tu le voyais vide…
Car malgré ton air impavide,
Ton cœur sensible était la proie
De tous les tourments, des émois

Les plus fous, de joies dispersées
Comme de rêves insensés…
Allons, ne te retourne pas
Et regarde droit devant toi.

Le temps ne s’arrête jamais,
Pourtant, quelques fois il transmet,
Par un beau rêve caressé,
Quelques cailloux à ramasser…


© Patricia M. 00038155