dimanche 10 octobre 2010

Ne te retourne pas

Allons, ne te retourne pas,
Tu ne verras que des gravats…
Passé à jamais révolu,
Amours figées dans l’absolu.

Le temps ne s’est pas arrêté,
Dans sa course, il a emporté
Ce qu’il restait de ton enfance,
Comme de ton adolescence.

A quoi bon courir et chercher
Souvenirs désormais cachés
Dans ce qui fût un jour présent…
Aujourd’hui à jamais absent.

Et pourtant, un même soleil
Continue de briller, vermeil,
Sur ces vieilles pierres qui furent
L’abri de ton être futur.

Imaginais-tu, autrefois,
Ce que serait un jour ta voie ?
Et pourtant, ton regard d’enfant
Scrutait l’horizon, loin devant…

Mais déjà, tu le voyais vide…
Car malgré ton air impavide,
Ton cœur sensible était la proie
De tous les tourments, des émois

Les plus fous, de joies dispersées
Comme de rêves insensés…
Allons, ne te retourne pas
Et regarde droit devant toi.

Le temps ne s’arrête jamais,
Pourtant, quelques fois il transmet,
Par un beau rêve caressé,
Quelques cailloux à ramasser…


© Patricia M. 00038155

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